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Liberté de penser et de panser ?

Ce dimanche, ils étaient 35.000 dans les rues de Bruxelles. 35.000 à défiler pour s'opposer aux récentes mesures prises par les différents gouvernements face au rebond de l'épidémie Covid-19. Et même contre les restrictions sanitaires tout court. "La dictature parfaite consiste à faire croire que l’on vit en démocratie", "Fight for freedom" ou encore "Ça suffit" : voici quelques-uns des slogans qui figuraient sur les pancartes des manifestants. Dans un communiqué, les organisateurs affirmaient dénoncer "les mesures restrictives de liberté, qui n’ont pas constitué une solution structurelle pour les soins de santé".  Au sein des participants, les points de vue étaient plus diversifiés. Si certains chantaient "liberté, liberté", d’autres se disaient ouvertement opposés à l’obligation vaccinale pour le personnel soignant. D’autres encore étaient vaccinés mais opposés à l’utilisation du pass. D’autres, enfin, plus radicaux, disaient non à tout : non au port du masque, non au Covid Safe Ticket, non au vaccin. 

Passons rapidement sur les quelques émeutes et pillages qui ont fait la une des journaux (à moins, comme le prétende les organisateurs, qu'il y ait eu parmi eux des policiers en civil : ce serait hallucinant !) : ce serait faire trop d'honneurs à des casseurs qui, inévitablement, gangrènent tout rassemblement de masse que de leur octroyer davantage d'importance. "Le comportement purement criminel d'un petit groupe", pour reprendre les termes du Premier Ministre, Alexander De Croo. 

Pendant ce temps, les syndicats peaufinent leurs actions contre l'obligation vaccinale du personnel soignant et surtout contre les sanctions en cas de refus, allant jusqu'au licenciement. Ils mettent en avant, arguments a priori imparables, le fait qu'il n'y a déjà pas assez de bras dans le secteur pour le moment, que les patients sont dès lors pris en otage car en insécurité permanente, et que ce sont les patients - 15.000 cas par jour, 3.000 hospitalisations - et non les soignants non vaccinés le problème (belle manière de refourguer la patate chaude). Ils ajoutent que c'est un drôle de remerciement de la part des autorités envers une catégorie de travailleurs qui, depuis vingt mois, se dévoue sans compter.  




Un infirmier urgentiste luxembourgeois confie au journal Le Soir : "Un soignant se doit de se protéger et de protéger ses patients. Je dirais même qu’un soignant qui ne croit pas en la médecine n’a pas sa place à l’hôpital." L’année dernière, lui et une dizaine de ses collègues ont été contaminés par un médecin qui refusait de porter le masque.  "Lorsque la vaccination a été proposée dans l’équipe, on s’est pratiquement tous précipités. Seule une de mes collègues n’est pas encore doublement vaccinée." 

Cette position reflète assez bien celle d'Oxygène sur la question. Comme mouvement citoyen, il nous semble capital de permettre à chacun d’exprimer son opinion, éminemment respectable quelle qu'elle soit. Mais tout adulte qui exprime une opinion doit en supporter les conséquences. Car la liberté collective n’est pas la somme des libertés individuelles, et vivre en société implique des devoirs. Oxygène est contre l’obligation vaccinale, mais alors il faut assumer son choix. Pour le citoyen lambda, ça signifie signer une décharge stipulant qu'il a pris connaissance des risques et ne veut pas être emmené à l’hôpital s'il est gravement malade à cause de la Covid. Pour le personnel médical, surtout celui affecté aux soins intensifs, il nous semble inconcevable d'être en contact avec des malades sérieusement atteints et pour la plupart non vaccinés - c'est un fait - sans avoir soi-même reçu la ou les doses adéquates. Des opérations sont reportées parce que les hôpitaux sont engorgés ! 

Une réponse comme celle-ci n'est certes pas idéale car il n'en existe pas dans un cas pareil, mais à tout le moins elle est réaliste. Elle a le mérite d'éviter le clivage déjà trop présent au sein de la société. Chacun prend ses responsabilités tout en respectant le point de vue de l’autre. 

Catégorie : Le fil d’actualité